Bénin : Atelier de Réflexion pour la réinsertion des enfants en conflits avec la loi.

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Contexte d’écriture : Le Jeudi 16 novembre 2017, José Herbert AHODODE ( Responsable CNRJ BENIN ) a participé à une grande rencontre dans la Commune de Natitingou au Nord Bénin pour réfléchir avec divers acteurs sur une problématique d’envergure « les enfants en conflits avec la loi ». Vous trouverez ici le témoignage sur le déroulement de cette  action. 

Une problématique sur les enfants mobilisant des participant-e-s à forte technicité : 

Pour envisager une meilleure réinsertion communautaire des enfants en conflits avec la loi après leur libération en adoptant une approche pratique, l’Atelier s’est déroulé à l’Hotel Kaba de Natitingou avec la participation active de leaders communautaires, de la Préfecture de l’Atacora, des Mairies de Natitingou et Parakou, du juge des mineurs, des autorités pénitentiaires, des responsables de SOS Villages d’Enfants, Plan Bénin, des journalistes et autres acteurs de la Société civile.

Les organisateurs de cette rencontre importante sont l’ONG ESAM et l’OMCT.

L’ONG ESAM (Enfants Solidaires d’Afrique et du Monde) est une ONG indépendante, à but non lucratif du Bénin. Elle lutte contre les abus et négligences dont sont victimes les enfants, les adolescents et les femmes par des actions de plaidoyer, d’éducation avec pour but ultime d’éradiquer la pauvreté. Après avoir collaboré pendant plusieurs années avec l’OMCT, ESAM ONG est devenue Membre du Réseau SOS Torture en 2003.

L’Organisation Mondiale de lutte Contre la Torture (OMCT), créée en 1985, constitue aujourd’hui la principale coalition internationale d’ONG luttant contre la Torture, les exécutions sommaires, les disparitions forcées et tout autre traitement cruel, inhumain ou dégradant. Avec 311 Organisations affiliées dans le Monde à son Réseau SOS Torture et plusieurs dizaines de milliers de Correspondants à travers le Monde, l’OMCT est le plus important réseau d’ONG actives dans la promotion des Droits de l’Homme.

Pour officier cette rencontre une experte a été invitée depuis le Sénégal. Mme Aminata Dieye est Membre du Conseil exécutif de l’OMCT. Elle est présentement Responsable du « Programme Education aux Droits Humains » d’Amnesty International au Sénégal. Elle a donc travaillé avec l’OMCT sur la Torture et les prisons en RDC, au Togo et au Bénin. Elle a conduit aussi des actions de plaidoyer, de recherche et de formation en RDC et Cote d’Ivoire.

D’entrée, les participants ont suivi avec intérêt les mots de bienvenus du représentant de Mme le Préfet de l’Atacora, Mr Maguidi Kora. Dans son allocution, il a rappelé son intérêt pour la rencontre. Déjà, il faut noter que Mme le Préfet mène diverses actions dans le département pour la cause des enfants. Son représentant a donc remercié les organisateurs et souhaité que les travaux se déroulent dans un bon cadre tout en espérant que les résolutions issues des réflexions puissent, à terme, se transposer en actions concrètes.

Mr Elvis Adjahoungba (Chargé de Programme : Justice Juvénile) de l’ONG ESAM a pris la parole pour rappeler le cadre et le contexte de la tenue de la rencontre. Il a présenté ensuite l’équipe de l’OMCT et de l’ONG ESAM présente à l’atelier avant de rappeler l’importance de la diversité des acteurs/personnes ressources invitées pour la circonstance.

Une mise au point  sur la problématique des enfants en conflits avec la loi via un atelier :

Les travaux se sont déroulés dans un cadre assez convivial. A la suite de débats intéressants, l’atelier s’est poursuivi avec les travaux de groupe pour se pencher sur les approches pratiques participatives pour la réinsertion des enfants en conflit avec la loi en action synergique avec les membres de la communauté.

L’implication des enfants dans la recherche de solutions s’est révélée indispensable ainsi que les sessions de dialogue de groupe avec les leaders, le juge des mineurs, les autorités et bien sûr les enfants eux-mêmes pour discuter et parler de leur problème. Il faut envisager aussi des programmes de Mentorat ou Parrainage pour guider les enfants avec l’appui conseil nécessaire. Le canal des mécènes (entrepreneurs, autorités, et clergé, etc.) de la communauté est aussi propice pour porter assistance aux enfants. Il a été également proposé aux gouvernants d’appuyer directement les familles démunies par l’injection « d’argent frais » dans les ménages mais cela doit être géré par les femmes.

Cette rencontre d’échanges sur la situation des enfants en conflits avec la loi nous a permis de nous rendre compte aussi de la situation dégradante des détenus dans la prison civile de Natitingou. Ce lieu de détention souffre de plusieurs manques dont une liste complète ne saurait être établie ici…

Une vue panoramique nous indique que le personnel médical manque d’outils, de matériels et des médicaments en temps réel pour soigner les détenus qui vivent dans de pires conditions sanitaires. La prison n’est pas clôturée et certains détenus manquent de vivres et d’habits. Beaucoup d’entre eux trainent des années en prison (parfois pour des faits mineurs) en raison de la lenteur administrative dans le traitement des dossiers.

En ce qui concerne la situation particulière des enfants, ils sont dans la même prison que les adultes (même si dans des quartiers différents). Ce qui n’exclut pas leur exposition à des risques d’apprentissages plus pointus des « métiers et astuces du banditisme ».

Aussi faut-il noter que cet atelier a permis de suivre le témoignage d’un ex-enfant, en conflit avec la loi, aujourd’hui réinséré. Il a été donc constaté que c’est un bon exemple de réinsertion réussie à exploiter pour motiver les jeunes et enfants en prison qui perdent tout espoir d’une seconde chance, d’une seconde « vie ».

Il urge donc d’en appeler à la responsabilité de l’Etat pour répondre aux maux dont souffrent les prisonniers, car ce sont des êtres humains comme les autres.

Un appel est lancé également aux Organisations Internationales de défenses des Droits de l’Homme afin de contribuer à l’amélioration de conditions de détention des prisonniers avec l’appui nécessaire.

 

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Pour connaitre les actions de l’ONG CNRJ dans d’autres pays, vous pouvez découvrir par exemple l’article de :

Gervais Nsadjo ,  » Cameroun : Rapport d’activité sur le programme de Humedica avec le CNRJ Cameroun et Prison Fellowship Cameroon« 

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A propos de José Herbert Ahododé 15 Articles
Représentant National de l'ONG CNRJ au Bénin

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