Bénin : Campagne Tolérance zéro au mariage précoce des enfants .

Tolérance zéro au mariage des enfants #StopMariageEnfants Bénin
Tolérance zéro au mariage des enfants #StopMariageEnfants Bénin
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LSU #36, mars 2017

« À l’horizon 2025, tous les enfants au Bénin vivant dans un cadre familial, communautaire et institutionnel exempt de toutes formes de violence, abus et exploitation à leur égard et où tous les acteurs sont mobilisés et participent à leur protection dans une approche intégrée. »

C’est la vision de la Politique Nationale de Protection de l’Enfant (PNPE), adoptée par l’Etat béninois en 2014. Cette vision tend à être un mirage si rien n’est fait sous très peu.

Comment comprendre que, malgré l’existence de la loi n° 2015-08 du 08/12/2015, portant Code de l’enfant en République du Bénin et les sanctions qui y sont édictées pour réprimer les diverses formes de violences commises sur les enfants, les phénomènes d’enlèvement/séquestration, mariage précoce, viol, harcèlement sexuel, exploitation sexuelle et avortement, mendicité, traite et travail des enfants, ne cessent de s’empirer ?

Le Code de l’Enfant interdit le mariage des enfants avant 18 ans sous peines de sanctions. L’engagement doit être total contre le mariage des enfants car cette pratique détruit non seulement les filles et garçons qui la subissent mais elle déchire le tissu social, le bien-être et la prospérité de la société toute entière.

Quand les enfants sont mariés, leurs perspectives de mener une vie saine et bien réussie diminuent considérablement, enclenchant un cycle de pauvreté qui se perpétue de générations en générations. Les filles mariées pendant leur enfance ont moins de chance d’achever leur scolarité, risquent davantage d’être victimes de violences, d’avoir des complications lors de l’accouchement et d’être infectées par le VIH. Les enfants de mères adolescentes ont un plus grand risque d’être mort-nés, de décéder juste après la naissance ou d’avoir un poids insuffisant à la naissance.

Conscient de la recrudescence de cette pratique envers ces âmes innocentes, le gouvernement béninois à travers le Ministère de la fonction publique et des affaires sociales avec l’appui des partenaires techniques et financiers, en tête de file l’UNICEF, a décidé de prendre le taureau par les cornes. Ceci se matérialise par la mise en œuvre d’une campagne nationale dénommée #ToleranceZero.

Pour l’atteinte effective des résultats escomptés, les décideurs politiques ont compris la pertinence d’associer les enfants eux-mêmes et les jeunes à cette bataille qui, au vue des pesanteurs socio-culturelles et le faible pouvoir d’achat des populations (surtout celles des localités situées à l’intérieur du pays), n’est pas gagnée d’avance. Ceci a été concrétisé par la mise en place d’un cadre de synergie d’actions, dénommé #PlateformeToleranceZero constitué des enfants et jeunes, associations de la société civile et divers autres acteurs.

Une première action de grande envergure de cette synergie d’associations de jeunes et de protection de l’enfant a été la randonnée pédestre contre le mariage des enfants, initiée et exécutée par la jeunesse béninoise avec l’appui du gouvernement et l’UNICEF, à Cotonou en Juin 2016, à l’occasion de la célébration de la journée de l’enfant africain #JEA.

Au fort de cette expérience, les enfants et les jeunes ont été confirmés comme des acteurs clés pour les prochaines étapes d’éradication des violences faites sur les enfants.

C’est dans cette optique que des ateliers de renforcement de capacités ont été organisés par la plateforme et ses partenaires dans les différentes régions du pays. L’objectif majeur de ces sessions est de renforcer et motiver les participants afin qu’ils puissent contribuer activement au lancement de la campagne #ToleranceZero afin de mobiliser les enfants et les jeunes autour de ces objectifs louables. Quand on considère seulement le fait qu’au Bénin, 01 fille sur 10 est mariée avant l’âge de 15 ans et 03 sur 10 avant 18 ans, c’est calamiteux et alarmant. Les statistiques sont aussi alarmantes surtout dans certaines zones au nord du pays (Borgou 37,2 % ; Atacora 20,6 % ; Alibori 22,4 % ; Donga 25,6 %). Ce sont les pourcentages de filles de 15 à 19 ans actuellement mariées ou en union au Bénin selon une étude récente.

Face à ces constats, la jeunesse béninoise est résolument engagée pour dire NON AU MARIAGE DES ENFANTS avant leur maturité (18 ans) et nous y participons fièrement et activement afin de contribuer à assurer un avenir meilleur pour les générations futures.

Pour assurer la phase active de cette campagne, des comités de suivi ont été installés dans tous les départements du Bénin. Le Président du CNRJ BÉNIN en la personne de José Herbert AHODODÉ est membre actif de la campagne dans le département de l’Atacora au Nord Bénin et il représente la plateforme des OSC dans ce comité constitué d’autres représentants de la Mairie, de la préfecture, des journalistes, des élèves et enseignants, des enfants, des artisans et d’autres groupes socioprofessionnels.

Nous en appelons à la participation de toutes les couches de la société béninoise, du citoyen aux autorités en passant par les institutions et personnes morales. Rejoignez-nous !

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A propos de José Herbert Ahododé 12 Articles
Représentant national de l'ONG CNRJ au Bénin

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