Centrafrique : passer de l’état de guerre à l’état de paix

Drapeau République centrafricaine - Source : https://fr.doublet.com/drapeau-centrafrique
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(1ére  Publication Revue LSU le 8 septembre 2014)

 

Ce texte parle de la contribution de l’ONG CNRJ à Bangui, à cette question du passage de l’état de Guerre à celui de Paix.

Comme vous le savez, notre ONG agit en faveur de la jeunesse et contre sa stigmatisation partout dans le monde. Depuis près d’un an nous n’avons eu de cesse de nous étendre, en Afrique notamment mais également en Asie et en Amérique, afin de répondre à une attente commune d’une jeunesse mondiale.

Si nous n’avons pas au premier abord eu un objectif humanitaire d’urgence, cet objectif premier d’aller vers la jeunesse, nous a conduits à intervenir grâce à nos membres et responsables locaux dans des pays déstabilisés à l’image de la Centrafrique. Depuis le début du conflit nous y sommes présents et œuvrons de concert afin de redonner un espoir à une jeunesse livrée à elle-même, en proie au chaos.

C’est durant l’une de nos interventions que nous avons noué des contacts avec l’université de Bangui, qui nous a officiellement demandé d’agir avec elle afin de construire un département psychologie puis d’histoire. Notre action en République Centrafricaine s’inscrit donc dans la durée, et nécessite donc plusieurs interventions sur place.

Le CNRJ (Cercles nationaux de Réflexion sur la Jeunesse) est une organisation non gouvernementale internationale ayant son siège en France. Dans sa besace, pour la Centrafrique, un grand projet de création d’un département de Psychologie à l’université de Bangui.

La philosophie d’une œuvre

Le CNRJ est une ONG particulière qui se construit à partir des personnes des pays où elle s’implante, car habituellement, les ONG apportent leurs personnels avec elles et c’est l’inverse avec CNRJ.

C’est ce qui fait l’originalité en la forme de notre ONG. En effet, nous sommes partis du constat qu’actuellement, l’humanité traverse une période douloureuse où elle est torturée et qu’elle recherche aujourd’hui à advenir en elle-même. Ainsi, de la philosophie qui nous anime nous avons estimé que dans les pays où il y a la guerre ou les souffrances humaines nous ne voyons pas simplement le triomphe du mal ; mais nous pensons qu’il y a de manière sous-jacente le bien qui n’attend qu’a se réveiller pour décoller.

Cependant le CNRJ ne s’implante dans un pays qu’à la demande de ces pays et c’est cela qui fait notre force. Mais ce qui fait aussi notre faiblesse, c’est que le CNRJ ne repose pas sur les gros moyens financiers et matériels mais sur l’économie locale. Ce qui explique que dans certains pays, les structures sont plus développées que dans d’autres.

Enfin, le CNRJ est déjà implantés dans 24 pays au monde.

Nos actions en Centrafrique

La première visite que nous avons effectuée en RCA était celle de repérage. Nous étions venu avec une ONG humanitaire dans notre bagage, qui a pu faire de l’assistance médicale ; toutefois, il faut dire que le domaine de l’humanitaire ne relève pas de notre compétence.

Lors de cette première visite, nous avons procédé à l’installation de l’équipe de CNRJ-RCA. Seulement cette équipe a eu de la peine à se structurer et à développer. Je sais ainsi que le modèle de développement de l’ONG CNRJ n’est pas aussi facile à comprendre dans un contexte centrafricain. Les gens sont déjà habitués à dire que les ONG doivent apporter les gros moyens pour mettre à leur disposition ; ce qui n’est nullement le cas, nous avons quelques idées et nous sommes venus aider les Centrafricains à naitre, à renaitre.

L’objet de cette deuxième visite, c’est qu’elle s’inscrit dans la suite logique de la première, puisque nous avions eu à visiter les sites de déplacées internes de Fatima et de la Mosquée centrale où nous avions pu voir certaines souffrances et étant donné que je suis formé aux approches de la psychologie. Pour moi, il était clair qu’il y avait la souffrance de l’âme centrafricaine. Aussi, il m’a été donné de constater qu’il n’y avait pas de psychologue de manière académique. Donc je suis venu voir avec les autorités académiques et politiques centrafricaines pour voir ce qui est faisable en termes de construction d’un projet d’ouverture d’un département de psychologie à l’Université de Bangui. Ainsi, j’ai déjà rencontré le Recteur de l’université de Bangui.

Ce qui m’a impressionné, c’est que lorsque je suis rentré dans son bureau, je n’ai pas encore dit un mot, ne fût-ce que me présenter mais il m’a dit : « il y a deux jours, je réfléchissais sur ce qu’il faut faire sur la psychologie en Centrafrique. Vous êtes venus me voir à ce sujet j’espère ? » Et je lui ai répondu que oui, c’est le but de ma visite.

En résumé, nous sommes là pour la mise en place définitive de CNRJ en Centrafrique, histoire de bien expliquer à notre équipe sur place la philosophie de l’ONG que ceux qui veulent l’argent tout de suite ou de gros moyens tout de suite, n’ont pas leur place au CNRJ ; par contre ceux qui sont là pour œuvrer pour la République Centrafricaine et qui ont cru que c’est avec des moyens centrafricains que cela est faisable, ils sont les bienvenus. Et l’ouverture du département de psychologie à l’université de Bangui, nous y sommes entrain de mobiliser la partie institutionnelle à travers les contacts nécessaires avec les autorités.

D’un autre coté, nous sommes en train de mobiliser les docteurs en psychologie du CNRJ, à travers le monde et nous avons déjà des professeurs psychologues indiens du CNRJ qui ont manifesté leur disponibilité. Etant donné que mon Conseiller sur les questions Centrafricaines, M. Maurice Guimendego est aussi docteur en Histoire, on va profiter de cette compétence pour faire d’une pierre deux coups. En outre de l’ouverture du Département de psychologie, il y aura d’autres formations professionnelles au niveau de l’Ecole Normale Supérieure (ENS) où les éducateurs psychologues de rues seront formés dans les prochains mois. Ces formations professionnelles seront ensuite suivies de déploiement rapidement de ces professionnels dans les rues de la capitale.

Nous avons rencontré déjà beaucoup de personnalités à qui nous avons expliqué le but de notre présence en Centrafrique. Un premier contact au niveau de l’ambassade de France à Bangui qui devra permettre une certaine mobilité des enseignants, en payant par exemple certains billets d’avion, les visas pour la circulation des futurs Docteurs de psychologie, de même les bourses pour les étudiants. Rendez-vous est déjà pris avec le Conseiller du Ministre de l’Education pour ficeler le cadre de la collaboration institutionnelle.

Nous avons également rencontré le recteur de l’université de Bangui comme je vous l’ai dit tout à l’heure avec qui on est suffisamment avancé bien avant même les autres personnalités. Nous avons aussi pu rencontrer les étudiants de la faculté des Lettres et sciences humaines, suivi des étudiants de l’ENS où des échanges ont été très fructueux sur l’ambition de la création de ce département de psychologie.

L’ouverture officielle de ce nouveau département dépendra des autorités académiques centrafricaines notamment le Recteur et les responsables du ministère de l’Éducation.

Aidez nous à les aider !

En partenariat avec l’Université de Bangui, l’ONG CNRJ (Cercle National de Réflexion sur la Jeunesse) propose d’envoyer en mission d’une semaine une équipe de 3 personnes afin de reconstruire le département de psychologie. Celle-ci sera composée de 2 docteurs en Psychologie et en Histoire ainsi que du responsable chargé du pôle international de notre ONG, et aura pour mission de former des étudiants en Master puis des Doctorants en psychologie sur place. Cette équipe sera rejointe sur place par d’autres universitaires qui ont d’ores et déjà pu financer leur voyage par leurs propres moyens.

Elle participera sur place à la mise en place de nouveaux programmes pour les étudiants et planifiera le calendrier universitaire, assurera les premiers cours aux élèves participants au programme de reconstruction mais interviendra également sur le terrain en proposant des consultations psychologiques aux populations civiles victimes de violences dans un des camps de réfugiés de la ville de Bangui.

Depuis novembre 2013, la Centrafrique connait une période de troubles sans précédent, le pays se déchirant dans une guerre civile d’ampleur causant de nombreuses victimes parmi la population civile. C’est dans ce cadre que l’ONG CNRJ s’est implantée en Centrafrique, sous la responsabilité de Centrafricains qui dirigent notre antenne sur place. Ils ont sans relâche œuvré pour la paix en distribuant des vivres et en organisant des marches rassemblant des participants de toutes les tendances, parfois au péril de leur vie.

Afin de leur venir en aide et de les aider à se développer, une première intervention a été organisée au mois d’Avril 2014 par une équipe de 3 personnes dont le président de l’ONG CNRJ. Ils ont pu intervenir sur place auprès de nos membres et ainsi distribuer nourriture et médicament, mais aussi en apportant un soutien psychologique aux populations touchées par les violences. Des liens ont pu être tissés avec les autorités locales dont l’université de Bangui, qui a pu évaluer nos actions sur place et ainsi nous proposer de les rejoindre afin de reconstruire le département de psychologie. Cette intervention va permettre de renforcer notre présence dans un pays qui est au plus mal. Notre intervention, si modeste soit elle représente beaucoup pour la jeunesse sur place qui n’a aujourd’hui aucune perspective d’avenir. Notre aide est unique sur place puisque nous sommes la seule ONG à intervenir sur le plan psychologique auprès de la jeunesse ainsi que de l’ensemble des réfugiés, qui une fois dans des camps sont souvent livrés à eux mêmes avec leurs traumatismes.

Le coût de l’envoi de nos équipes sur place demeure élevé, et nous ne pouvons assumer l’intégralité de notre programme d’intervention sans votre aide. C’est pour cela que nous faisons appel aux dons ainsi qu’à toutes les bonnes volontés susceptibles de nous aider dans ce projet, qui redonne un sens et un espoir à toute une génération meurtrie par la guerre et le chaos politique. Bien entendu vous êtes libres de fixer votre seuil de participation, car sachez que tous les dons sont importants pour faire avancer notre projet même les plus simples.

Quoiqu’il en soit nous vous remercions d’avance de votre participation et de votre intérêt, qui permet d’attirer l’attention du plus grand nombre sur une situation dramatique d’un pays souvent oublié des médias.

Vos dons permettront à notre équipe de se rendre sur place, de nous équiper en vivre et en matériel et de pouvoir assurer un logement sécurisé sur place. Ils comprennent également les taxes sur place, mais aussi l’achat de matériel de base pour notre représentation sur place (Trousses de premiers soins, livres). Nous précisons bien sûr qu’aucun membre de notre équipe ne sera rémunéré.

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A propos de Frédéric Fappani von Lothringen ✅ 13 Articles

Président international ONG CNRJ