Afrique : Le Fléau d’Ébola, véritable désastre de l’année, à l’échelle planétaire.

Ébola - Photo : bhossfeld (source : pixabay.com)
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LSM #31, juillet-août 2014

Quelles impressions à chaud sur l’épidémie ? 

La maladie à virus Ébola est l’une des maladies virales les plus graves connues chez l’homme. Le taux de létalité liée à cette pathologie oscille entre 20 et 90%. Cette large différence est due au fait que le virus Ébola est particulièrement dangereux en Afrique, où les soins sont limités et difficiles à fournir aux populations. Si le virus ne dispose d’aucun traitement spécifique, de nombreux traitements symptomatiques (réanimation, réhydratation, transfusion…) peuvent permettre d’éviter le décès du patient. Les flambées de fièvre hémorragique provoquées par le virus Ébola surviennent principalement en Afrique. Étant donné sa très grande virulence, sa létalité élevée et ses symptômes spectaculaires, le virus Ébola est devenu l’une des pires incarnations de la peur moderne du danger biologique, c’est-à-dire un virus pandémique qui provoquerait à lui seul, et via les moyens de transport humains, un désastre à l’échelle planétaire. Ceci a valu à Ébola, à l’instar du charbon ou de la variole, d’être le sujet principal de plusieurs films et de romans catastrophes exploitant le sujet.

Depuis le début de l’année 2014, des cas de maladie à virus Ébola ont été rapportés dans plusieurs pays Ouest africains. Les autorités sanitaires de ces pays, en lien avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’ensemble des partenaires, sont mobilisées pour prévenir l’expansion du virus à d’autres pays. Selon le dernier bilan de l’Organisation publié le jeudi 28 août dernier, l’épidémie d’Ébola devrait à terme frapper plus de 20 000 personnes en Afrique de l’Ouest.

Quelles sont les données épidémiologiques récentes liées à ce fléau ? 

Le virus frappe principalement les régions voisines des forêts tropicales humides d’Afrique équatoriale, à l’exception de la souche Reston, qui est originaire des Philippines. Aucun facteur de prédisposition à l’infection n’a été décelé parmi les personnes infectées. D’après le Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (2005) [RSI 2005],  la flambée actuelle d’Ébola a démarré en Guinée en décembre 2013. La transmission s’étend désormais à la Guinée, au Libéria, au Nigéria et à la Sierra Leone.

Au 4 août 2014, ces pays avaient notifié 1.711 cas (1070 confirmés, 436 probables, 205 suspects) et 932 décès. C’est jusque-là, la flambée de maladie à virus Ebola la plus importante jamais enregistrée. Au 26 août 2014, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le nombre cumulé de cas attribués à la maladie à virus Ebola dans les quatre pays atteignait 3.069, dont 1.552 décès.

Au vu des données épidémiologiques recensées, le Libéria s’en sort avec le plus grand nombre de cas, comme le stipule clairement le tableau ci-après : (Voir tableau ci-dessous).

La répartition et la classification synthétique des cas sont les suivantes:

  • Guinée, 648 cas (482 confirmés, 141 probables et 25 suspects), dont 430 décès;
  • Libéria, 1378 cas (322 confirmés, 674 probables et 382 suspects), dont 694 décès;
  • Nigéria, 17 cas (13 confirmés, 1 probable et 3 suspects), dont 6 décès;
  • Sierra Leone, 1026 cas (935 confirmés, 37 probables et 54 suspects), dont 422 décès.
 Confirmés Probables Suspects Totaux 
Guinée 
Cas

482

14125

648

Décès

287

1412

430

Libéria 
Cas

322

674382

1378

Décès

225

301168

694

Nigéria 
Cas

13

13

17

Décès

5

10

6

Sierra Leone 
Cas

395

3754

1026

Décès

380

348

422

Totaux 
Cas

1752

853464

3069

Décès

897

477178

1552

Cas confirmés : tout cas suspect ou probable pour lequel un résultat positif a été obtenu en laboratoire ;

Cas probables : tout cas suspect évalué par un clinicien ou décédé ayant un lien épidémiologique avec un cas confirmé et pour lequel il n’a pas été possible de prélever des échantillons pour une confirmation en laboratoire ;

Cas suspects : toute personne, vivante ou morte, qui présente ou a présenté une forte fièvre d’installation brutale et qui a été en contact avec : un cas  probable ou confirmé d’Ébola, avec un animal mort ou malade, ou toute personne présentant une forte fièvre d’installation brutale et au moins trois des symptômes suivants : céphalées, vomissements, anorexie/perte d’appétit, diarrhée, léthargie, douleurs abdominales, douleurs musculaires ou articulaires, déglutition difficile, dyspnée ou hoquet, ou toute personne ayant des saignements inexpliqués ou tout décès soudain inexpliqué.

Le nombre total de cas reste susceptible d’évoluer en raison de la reclassification, des investigations rétrospectives, de la synthèse des données sur les cas et des résultats de laboratoire, et du renforcement de la surveillance. Les données indiquées par les bulletins d’information sur les flambées épidémiques se fondent sur les meilleures informations disponibles transmises par les ministères de la Santé.

Selon les informations en date du Jeudi 28 Août 2014 communiquées par les Ministères de la Santé des quatre pays touchés (Guinée, Libéria, Nigéria et Sierra Leone), la flambée actuelle de maladie à virus Ébola a entraîné au total 3.069 cas probables ou confirmés, dont 1.552 décès.L’épidémie d’Ébola devrait à terme frapper plus de 20 000 personnes en Afrique de l’Ouest, selon le dernier bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), publié cette même date. L’Institution espère néanmoins stopper la progression du virus d’ici un trimestre. Pour l’instant l’accélération de la flambée se poursuit. En effet, plus de 40% du nombre total de cas sont survenus au cours des 21 derniers jours et sont concentrés dans quelques localités, explique la même organisation. Le taux de létalité, qui s’élève globalement à 52%, est compris entre 42% en Sierra Leone et 66% en Guinée.

Selon France 24, une autre flambée de maladie à virus Ébola, qui n’est pas liée à celle qui touche l’Afrique de l’Ouest, a été confirmée en laboratoire par la République démocratique du Congo (RDC). Elle aurait fait 13 victimes et actuellement objet d’un bulletin d’information distinct (Source AFP).

Comment se présente le virus Ebola ? 

Le virus Ébola est un virus appartenant à la famille des Filoviridae (filovirus), qui regroupe des virus à l’apparence filamenteuse caractéristique (le virus de Marburg par exemple). Il appartient à l’ordre des Mononegavirales (mononégavirus), regroupant les virus à ARN monocaténaire à génome linéaire non segmenté à polarité négative. Il s’agit d’un virus du groupe V de la classification de Baltimore (voir photo ci-jointe).

Virus Ébola © D.R.
Virus Ébola © D.R.

Des chauves-souris frugivores de la famille des ptéropodidés constituent vraisemblablement le réservoir naturel du virus Ebola. Compte tenu de sa nature particulièrement dangereuse, ce virus ne peut être manipulé qu’au sein de laboratoires P4, ou BSL-4, conçus pour prévenir les risques de contamination par accident ou à la suite d’actes de malveillance (bioterrorisme). Cinq espèces de virus Ébola ont été identifiées à ce jour : Bundibugyo, Côte d’Ivoire, Reston, Soudan et Zaïre.

Pourquoi la dénomination Ébola ? 

Il faut noter que le virus Ébola a été identifié pour la première fois en 1976 dans la province ouest-équatoriale du Soudan et dans une région voisine du nord du Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo). Il a été nommé ainsi en référence à une rivière passant près de la ville de Yambuku, dans le nord de la République démocratique du Congo, alors appelé Zaïre. C’est à l’hôpital de cette localité que le premier cas de fièvre hémorragique Ébola fut identifié, en septembre 1976, annonçant une première épidémie qui, alors avait touché 318 personnes et en a tué 280.

Comment le virus Ebola se transmet-il ? 

Le virus Ébola se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine : par contact direct avec les liquides organiques (sang, sperme, excrétions, salive d’une personne infectée), les liquides biologiques ou les tissus des sujets et animaux infectés. En Afrique, l’infection a été constatée après la manipulation de chimpanzés, de gorilles, de chauves-souris frugivores, de singes, d’antilopes des bois et de porc-épic retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale.

Les risques de propagation parmi le personnel hospitalier sont très élevés, particulièrement si la stérilisation du matériel n’est pas assurée. Dans les zones endémiques, des manques en matière d’hygiène et de sécurité ont causé la mort de plusieurs médecins et infirmiers et favorisent les contaminations nosocomiales.

La transmission du virus peut aussi s’effectuer par contacts étroits du malade avec ses proches. On entend par contacts étroits des contacts directs avec les liquides organiques d’une personne infectée, qu’elle soit vivante ou décédée. Les rituels funéraires de certains peuples d’Afrique centrale, consistant à laver le corps, puis à se rincer les mains dans une bassine commune, ont souvent favorisé la propagation du virus à travers la famille et les amis du défunt. Des cas de transmission par le sperme se sont déjà produits jusqu’à sept semaines après la guérison clinique du malade.

La transmission peut se produire chez des personnes ayant manipulé des primates infectés par le virus, morts ou vivants: cas des singes, probablement du genre Cercopithecus, vendus comme viande de brousse sur les marchés en République démocratique du Congo. Lorsque les chauves-souris frugivores sont particulièrement abondantes, comme à Abidjan, et où elles sont un gibier très prisé, cet animal devient une source grave d’infection.

Sous des conditions expérimentales, le virus arrive également à se propager par des gouttelettes ou des particules aérosol.

Chez les personnes travaillant au contact de singes ou de porcs infectés par le virus Ébola Reston, on a constaté plusieurs cas d’infections humaines cliniquement asymptomatiques. Le RESTV semble donc moins pathogène pour l’être humain que les autres espèces. Toutefois, les données disponibles ne concernent que des hommes adultes en bonne santé. Il serait donc prématuré de tirer des conclusions sur les effets de ce virus pour la santé dans tous les groupes de la population, notamment les sujets immunodéprimés, les personnes ayant des problèmes médicaux préexistants, les femmes enceintes ou les enfants. Il faudra faire de nouvelles études sur le RESTV avant de pouvoir tirer des conclusions définitives sur sa pathogénicité et sa virulence pour l’homme.

Quelle est la durée d’incubation de la maladie à virus Ébola ? 

La durée d’incubation, c’est-à-dire le temps écoulé entre l’infection par le virus et l’apparition des premiers symptômes, varie de 2 à 21,avec une prédominance des cas entre le 4ème et le 9ème jour.

Il faut signaler qu’il n’y a pas de transmission lors de la période d’incubation. Une personne qui ne présente aucun symptôme n’est pas contagieuse. Le début de la contagiosité est lié à l’apparition des premiers symptômes. Le risque de transmission est faible dans les premières phases de la maladie. Il augmente lors de l’aggravation de la maladie. Les personnes atteintes peuvent transmettre l’infection aussi longtemps que leur sang et leurs sécrétions contiennent des virus.

Quels sont les manifestations cliniques de cette maladie ? 

Tout savoir sur Ébola - Source : http://santecool.net/tout-savoir-sur-ebola/
Tout savoir sur Ébola – Source : http://santecool.net/tout-savoir-sur-ebola/

La maladie à virus Ébola est une virose aiguë se caractérisant souvent par : l’apparition brutale d’une forte fièvre supérieure à 38,5°, une faiblesse intense, des douleurs musculaires, des maux de tête et une irritation de la gorge. Ces symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’insuffisance rénale et hépatique et, dans certains cas,d’hémorragies internes et externes. (Voir schéma ci-dessus). 

Les analyses de laboratoire révèlent une baisse de la numération leucocytaire et plaquettaire, ainsi qu’une élévation des enzymes hépatiques. Les sujets atteints restent contagieux tant que le virus est présent dans leur sang et leurs sécrétions. On a isolé le virus Ébola dans le liquide séminal 61 jours après l’apparition de la maladie chez un homme ayant contracté l’infection dans un laboratoire.

Comment décrit-on le pouvoir pathogène du virus Ébola ? 

Une semaine après le début des symptômes, les virions envahissent le sang et les cellules de la personne infectée.

Les cellules les plus concernées sont les monocytes, les macrophages et les cellules dendritiques. La progression de la maladie atteint généralement le fonctionnement des organes vitaux, en particulier des reins et du foie. Ceci provoque des hémorragies internes importantes. La mort survient, peu de temps après, par défaillance poly-viscérale et choc cardio-respiratoire.

Le virus Ébola sature tous les organes et les tissus à l’exception des os et des muscles moteurs. Il se forme d’abord de petits caillots de sang diffus dans l’ensemble des vaisseaux par coagulation intravasculaire disséminée, dont le mécanisme n’est pas clair. Les caillots se collent ensuite aux parois des vaisseaux sanguins pour former un « pavage ». Plus l’infection progresse, plus les caillots sont nombreux, ce qui bloque les capillaires. Finalement, ils deviennent si nombreux qu’ils bloquent l’arrivée sanguine dans les divers organes du corps. Quelques parties du cerveau, du foie, des reins, des poumons, des testicules, de la peau et des intestins se nécrosent alors car elles souffrent d’un manque de sang oxygéné.

Une des particularités du virus Ébola est la brutalité avec laquelle il s’attaque aux tissus conjonctifs. Il provoque aussi des taches rouges appelées pétéchies résultant d’hémorragies sous-cutanées. Il affecte le collagène de la structure de la peau. Les souscouches de la peau meurent et se liquéfient ce qui provoque des bulles blanches et rouges dites maculopapulaires. À ce stade, le simple fait de toucher la peau la déchire ; tant elle est amollie.

Le virus provoque une réaction inflammatoire importante mais certaines protéines virales semblent inhiber l’interféron

Sur quelle base pose-t-on le diagnostic de la fièvre hémorragique à virus Ébola ? 

Avant de poser le diagnostic de maladie à virus Ébola, il faut exclure la possibilité d’autres affections telles que: le paludisme, la fièvre typhoïde, la shigellose, le choléra, la leptospirose, la peste, la rickettsiose, la fièvre récurrente, la méningite, l’hépatite et d’autres fièvres hémorragiques virales.  Plusieurs types de tests permettent de poser le diagnostic définitif des infections à virus Ébola au laboratoire:

  • Titrage immunoenzymatique (ELISA);
  • Détection de l’antigène;
  • Test de séroneutralisation;
  • Amplification génique précédée d’une transcription inverse (RT-PCR); – Microscopie électronique; – Isolement du virus sur culture cellulaire.

Les échantillons provenant des patients s’associent à un risque biologique extrême et les analyses ne devraient être exécutées que dans les conditions de confinement les plus rigoureuses possibles.

Quelles sont les mesures concrètes à prendre pour endiguer l’épidémie d’Ébola ? 

Il n’existe pas de vaccin homologué contre la maladie à virus Ébola. Plusieurs vaccins en sont au stade des essais, mais aucun n’est disponible pour un usage clinique. Les cas graves doivent être placés en unité de soins intensifs. Les patients sont souvent déshydratés et ont besoin d’une réhydratation par voie orale au moyen de solutions d’électrolytes ou par voie intraveineuse.

En l’absence de traitement efficace ou de vaccin pour l’homme, la mise en œuvre et le respect des mesures de protection à prendre à titre individuel sont le seul moyen de prévenir l’infection.Dans les régions où circule le virus Ebola, il est recommandé de :

  • Respecter les consignes des autorités locales ainsi que les règles d’hygiène de base ;  (notamment se laver fréquemment les mains avec du savon ou une solution hydroalcoolique) ;
  • Éviter tout contact rapproché avec des personnes ayant une forte fièvre ; – Éviter tout contact avec des animaux sauvages (singes, chauves-souris…) vivants ou morts ;
  • Ne pas consommer, ni manipuler de viande de brousse ;
  • Les produits animaux (sang, viande, lait…) doivent être cuits soigneusement avant d’être consommés.

Comment prendre en charge l’épidémie de la fièvre Ébola ?

Il n’existe encore aucun traitement ni vaccin spécifiques pour la maladie à virus Ébola. La prise en charge repose généralement sur un traitement symptomatique. Cependant de nouveaux traitements médicamenteux sont en cours d’évaluation.

« Il y a un besoin urgent d’un vaccin protecteur contre l’Ebola, et il est important d’établir qu’un vaccin est inoffensif et qu’il stimule le système immunitaire de manière à ce que l’organisme soit protégé contre l’infection », explique le Docteur Anthony Fauci, Directeur de  l’Institut national de l’allergie et des maladies infectieuses (NIAID), relevant du NIH (Instituts nationaux de la santé). Il faut signaler que le NIH joue un rôle clé dans l’accélération du développement et des essais de vaccins expérimentaux contre l’Ébola.

Un vaccin vivant atténué expérimental donne des résultats encourageants chez le singe. Il a été administré en mars 2009 à une chercheuse travaillant sur le virus, après une possible contamination accidentelle. L’évolution en a été favorable.

D’autres pistes sont en cours d’exploration chez l’animal : utilisation d’une protéine inhibitrice d’un facteur de la coagulation ou inhibition de l’ARN polymérase virale par des ARN interférents. Un sérum, composé d’anticorps monoclonaux produits par des plants de tabac PGM appelé ZMapp de la firme américaine Mapp Biopharmaceutical, est administré avec succès, de façon expérimentale en août 2014, sur deux patients américains infectés. Et les États-Unis ont partiellement levé des restrictions sur un autre traitement expérimental de la société canadienne Tekmira, mais sa mise sur le marché pourrait prendre plusieurs mois.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a proposé jeudi 28 Août 2014,  huit traitements et deux vaccins expérimentaux contre Ebola à développer au plus vite mais qui ne pourront pas être disponibles pour un usage généralisé avant fin 2014.

« Le meilleur moyen de prévenir la propagation de l’infection par l’Ebola est d’avoir recours à des mesures de santé publique, y compris à de bonnes pratiques de maîtrise de l’infection, à l’isolement, à la recherche de contacts, à la quarantaine et à l’approvisionnement en équipement de protection individuelle » : déclare le Docteur Anthony Fauci. « Toutefois, poursuit-il, un vaccin sera au bout du compte un outil important dans cet effort de prévention. Le lancement de la Phase 1 des études du vaccin contre l’Ebola est la première étape d’un long processus ».

Selon les sources des Instituts nationaux de la santé (NIH), le vaccin expérimental qui entre actuellement dans les essais de Phase 1 a été conçu par Nancy J. Sullivan, chef de la section de recherche sur la bio-défense au Centre de recherche sur les vaccins (VRC) du NIAID. Mme Sullivan a travaillé en collaboration avec des chercheurs du VRC, de l’Institut de recherche médicale de l’armée américaine et d’Okairos, une entreprise de biotechnologie italo-suisse acquise en 2013 par GSK.

Quelles précautions prendre pour réduire le risque de propagation de la maladie ? 

L’abattage des animaux infectés en utilisant des gants et un masque, avec une surveillance rigoureuse de l’enterrement ou de l’incinération des carcasses, peut s’avérer nécessaire pour réduire le risque de transmission de l’animal à l’homme. La restriction ou l’interdiction du déplacement des animaux à partir des élevages infectés vers d’autres zones peut réduire la propagation de la maladie.

  • Les produits (sang et viande) doivent être cuits soigneusement avant d’être consommés.
  • Les communautés touchées par le virus Ébola doivent informer la population de la nature de la maladie et des mesures prises pour endiguer la flambée, y compris lors des rites funéraires. Les personnes mortes de cette infection doivent être enterrées rapidement et sans prendre de risque. – L’imposition de la quarantaine, l’interdiction d’aller dans les hôpitaux, la suspension de la pratique des soins aux malades et des funérailles ainsi que la mise à l’écart des malades dans des huttes séparées qui sont désinfectées (de l’eau de javel à deux semaines d’intervalle suffit), parfois brûlées après la mort de leurs occupants, permettent d’endiguer les épidémies. Sur le terrain, il n’existe toujours pas de mesure plus sécuritaire si ce n’est le port du filtre à air. – Les recherches en laboratoires doivent être menées au sein d’installations de confinement de niveau de biosécurité 4. Les laboratoires de niveau 4 sont entièrement autonomes et possèdent un système de ventilation spécialisé, un sas d’entrée et de sortie, des enceintes de protection biologique de classe III, etc. Les procédures sur la stérilisation et la décontamination y sont rigoureusement appliquées et les employés revêtent une combinaison pressurisée.

En Europe, le premier laboratoire à recevoir l’autorisation de travailler sur Ébola, en l’an 2000, fut le laboratoire P4 Jean Mérieux, à Lyon (France). En Belgique, le Conseil Supérieur de la Santé a émis un avis dans lequel il définit, pour les hôpitaux belges, la prise en charge des patients chez qui une infection par le virus Ébola ou par le virus Marburg est envisagée, suspectée ou confirmée.

Aux États-Unis, la NIH finance à partir de 2012 pour une durée de 5 ans l’institut AlbertEinstein College of Medicine afin d’étudier les mécanismes moléculaires de l’infection du virus et sa diffusion chez l’animal.

Quelles sont les rumeurs qui courent les rues et quelle interprétation en font les populations de l’épidémie d’Ébola ? 

Devant l’ampleur de l’épidémie de 2014, l’OMS a accepté le 12 août l’utilisation sous condition de traitements expérimentaux pour traiter les patients atteints de fièvre hémorragique Ébola.

Ceci a pu être localement présenté comme un blanc-seing donné à toutes sortes de médications traditionnelles ou simplement fallacieuses et pouvant s’avérer dangereuses.  Au Nigeria, une rumeur a couru pendant l’été 2014 faisant de la consommation massive de curcuma, de sel et de saumure un moyen de se protéger de la maladie à virus Ebola, causant la mort de plusieurs personnes intoxiquées par une consommation excessive de selet conduisant la FDA le 14 août puis l’OMS le 15 août à émettre des mises en garde contre les traitements frauduleux et les croyances populaires dangereuses.

Suite à l’approbation par l’OMS de l’utilisation de traitements expérimentaux dans le cadre de l’épidémie de 2014, le ministre de la santé du Nigeria, OnyebuchiChukwu, a annoncé le 15 août l’arrivée dans le pays d’un traitement baptisé « Nano Silver » sur lequel peu d’informations avaient filtré, hormis le fait qu’il aurait été mis au point par un scientifique nigérian dont l’identité demeurait confidentielle. Selon le Dr. Simon Agwale, expert nigérian en maladies contagieuses, ce traitement se serait révélé efficace contre les virus, les bactéries et les parasites. Suite à la mise en garde de la FDA contre l’utilisation de ce genre de produits, les autorités fédérales et de l’État de Lagos le déclaraient non conforme pour une utilisation médicale, le « Nano Silver » étant promptement retiré du marché nigérian.

Dans le reste de l’Afrique de l’Ouest également, des rumeurs infondées ont circulé, par exemple au Togo, selon lesquelles se laver avec du citron dans de l’eau salée protégerait du virus, tandis qu’au Burkina Faso des escrocs tentaient de profiter de la crédulité des internautes pour leur soutirer de l’argent contre la promesse d’un traitement miracle « sous le haut parrainage du Ministre de la santé canadienne Rona Ambrose ».

Références : 

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A propos de Éric Chede 3 Articles

Responsable national CNRJ Guinée. Docteur en médecine.

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