International : Les hommes, l’enfant & Nous dans ce monde échappé

Enfant - Photo MadalinIonut (soure : pixabay.com)
Partager l'article :

LSU #25, mai 2015 Article par Fabrice GARAU en 2015 dans le cadre de ses fonction de psychologue auprès des enfants notamment.

Le plus grand des défis actuels dans le domaine des droits des personnes est sans doute celui de comprendre comment – dans une France secouée par des violences sociales, culturelles et soumise à de multiples difficultés économiques et sociétales – la défense de l’Enfance en Danger peut et doit se poursuivre.

Notre pays est le porte drapeau, le symbole lumineux des droits de l’Homme et du Citoyen il est aussi l’héritier d’une histoire médicale et d’une histoire de Droit à la personne, en général, assez remarquable et même exemplaire sur le territoire européen. C’en est devenu, peut-être aussi un peu, l’essence de son fonctionnement républicain.

Sans droit des enfants reconnu, sans droit reconnu des plus fragiles, une nation ne peut rester debout et regarder avec hardiesse la grandeur de sa culture.

Le recul est nécessaire, plus que jamais pour délier une vision juste et plus objective du droit de l’enfant et des plus fragiles, sans sombrer dans le confort des débats passionnels.

En même temps, je ne peux délier la fragilité de nos enfants à la fragilité des autres, de tous les autres que les affres de l’Histoire contemporaine fait naître, que le monde politique et le monde économique créent et condamnent immédiatement, que la violence humaine incohérente et vulgaire fait croître.

Et quand je dis fragile, je cible autant la prise en charge du nouveau né prématuré dont on a commencé à comprendre qu’il était aussi une personne, que celle du handicapé qu’il nous faut reconnaître dans ses droits les plus basiques (accès libre à toutes les simples et élémentaires commodités sociales et urbaines – prendre le métro à Paris quand on est handicapé n’est pas difficile c’est titanesque, impossible en fait), celle de nos vieux (un terme presque tabou tant il renvoie à de mauvais préjugés alors qu’il est aussi affectif qu’une belle chanson de Brel) à qui on ne reconnaît plus le savoir du temps et l’expérience du devoir ou la fragilité de la fatigue, celle des minorités sexuelles et religieuses conspuées, tyrannisées ou maltraitée, et celle enfin de ces milliers de migrants entre deux eaux affolés et si désespérés qu’ils préfèrent le tourbillon mortel des vagues qui secoue leurs vies dans des arches de fortune aux dictatures liberticides de leur terre.

L’honneur d’une nation porteuse des valeurs nobles, porteuse de ce triptyque Liberté Egalité Fraternité qu’on commente trop souvent sans en comprendre le sens humaniste et bienveillant, est de se charger, de réparer, de stopper cette fragilité.

La réflexion à ce sujet est indispensable. L’Europe nous y aide quelques fois, au nord l’enfant est au centre du dispositif, il n’est pas soumis aux impératifs du pragmatisme de l’adulte. L’Afrique nous y aide aussi car elle nous rappelle que c’est tout un village qui a le devoir d’élever un enfant, pas seulement sa mère et son père mais un village tout entier. Quelle belle leçon nous prenons de ce grand, beau et large continent d’Histoire morcelée mais réparée.

Bien sûr, le monde, la société, la famille, l’individu changent, mais notre conscience de citoyen ne doit-elle pas nous éveiller à plus de courage et de responsabilités ?

Notre engagement civique ou militant, ne doit-il pas renforcer davantage encore notre lutte pour les égalités, pour l’Égalité ?

Aucune nation, aucune république démocratique n’a plus de devoirs que la France, ce pays des lumières – incliné depuis des siècles à réparer les négligences des injustices – a pour obligation de renforcer encore et toujours les droits des enfants.

Au XXème siècle, on a abandonné des droits et des usages abusifs c’est bien.

On a organisé le système de protection de l’enfance par département, c’est bien.

On a pris en charge les pupilles de la nation, c’est bien.

On a fait de l’Education un principe inaliénable de la République par sa gratuité et son accès sans sélection, c’est bien.

La France doit maintenant, entrer dans le XXIème siècle avec encore plus de ferveur et d’audace, elle doit s’affranchir d’un système parfois encore trop bureaucratique qui clôt trop souvent les négligences au rang des épiphénomènes médiatiques.

C’est là une grave erreur. Chaque individu fragile, chaque enfant doit pouvoir compter et être rassuré d’être bien, correctement et durablement défendu par l’Etat. Ca marche souvent, cela doit marcher constamment.

L’Etat juste est celui qui nous rappelle la concorde sans négliger les leçons de l’histoire.

C’est lui qui place toujours le plus vulnérable comme le premier bénéficiaire de la générosité sociale. Pas de l’assistanat social, comme on peut l’entendre quelques fois de manière abjecte, mais juste de la générosité sociale.

Celle-là même qui permet le bien et mieux vivre ensemble.

Partager l'article :

Soyez le premier à commenter

Laissez un commentaire