International : Écho de l’intervention de l’ONG CNRJ à la 28ème session des Droits de l’Homme de Genève

L'ONG CNRJ à l'ONU, Genève © ONG CNRJ
L'ONG CNRJ à l'ONU, Genève © ONG CNRJ
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Du 10 au 12 mars 2015, le Président international, Frédéric FAPPANI, et la Responsable internationale Médias, Audrey GAUTIER, était présent une nouvelle fois au Conseil des droits de l’Homme de L’ONU de Genève.

Cette session s’ouvrait du 2 au 27 mars sur la thématique de l’environnement. Bien que L’ONG CNRJ soit sensible à cette question, c’est d’autres objectifs qui ont motivé le déplacement de cette équipe.

  • Lobbying tamoul concernant les crimes contre l’Humanité commis au Sri Lanka et surtout la prise en compte des victimes.
  • Prise de contact auprès de certaines ONG accréditées ECOSOC afin de se préparer à la soumission de notre candidature auprès de l ECOSOC.

Il était important de renouveler cette année encore, un travail de lobbying et de sensibilisation auprès des délégations présentes, des rapporteurs de l’ONU et des ONG présentes.

Lobbying tamoul

Nous avons été à différentes conférences concernant le Sri Lanka notamment celle organisée par Amnesty International.

Il faut souligner qu’aux fils des années de nombreuses victoires en termes de reconnaissance au niveau international et des Nations Unies, des 25 années de crimes subit par le peuple tamoul au Sri Lanka.

Photo du slogan d'Amnesty International concernant la situation du Sri Lanka et des exactions subies par le peuple tamoul
Photo du slogan d’Amnesty International concernant la situation du Sri Lanka et des exactions subies par le peuple tamoul

M. Ban Ki-moon lui-même a reconnu en 2012 que l’ONU doit tirer les leçons de son incapacité, pendant la guerre de 2009 au Sri Lanka, à protéger les civils.

« Le rapport conclut que le système des Nations Unies n’a pas réussi à faire face à ses responsabilités, en mettant l’accent, en particulier, sur le rôle joué par le Secrétariat, les organismes et programmes de l’équipe de pays des Nations Unies et les membres du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l’homme. »

Lors de la 22ème et 25ème session du Conseil des droits de l’homme, une résolution pour l’envoi d’une commission d’enquête international indépendante au Sri Lanka pour enquêter sur les crimes commis avant et pendant la guerre de 2009, a été votée. Malgré tous ces grands discours et résolutions votés, la situation de reconnaissance, de prise en compte des victimes n’avance pas beaucoup !

M. Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme
M. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme

Dernier rebondissement en date, le 17 février 2015, M. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a obtenu du conseil un report de six mois concernant l’examen d’un rapport très attendu. Ce rapport doit porter sur les allégations de violations des droits de l’homme durant le conflit au Sri Lanka. Cette décision exceptionnelle intervient suite au vote électoral des présidentiel au Sri Lanka qui a conduit à une passation démocratique du pouvoir. Les volontés affichées par le nouveau gouvernement de répondre aux questions de l’ONU concernant des centaines de milliers de personnes ayant été tuées, les milliers de disparus et principalement le génocide concernant le peuple tamoul.

Ce rapport qui doit être rendu public et voir proposer des réelles orientations pénales et de prise en compte des victimes de cette guerre, va donc de voir attendre.

C’est pourquoi il était important que l’ONG CNRJ ré-effectue un lobbying cette année encore. Sous prétexte que le nouveau gouvernement fasse des promesses de réponse et de soumission aux questions de l’ONU, la prise en compte des victimes ne doit pas être reléguée au second plan. La communauté internationale, différentes ONG et des milliers de Tamouls en exil seront vigilant que M. Zeid Ra’ad Al Hussein, ne se laisse pas endormir par de belles paroles. Il est important de signaler que Mr Zeid Ra’ad Al Hussein à déjà en partie répondu à ces inquiétudes lors d’une allocution.

« Je suis parfaitement conscient que de nombreuses victimes de violations des droits de l’homme au Sri Lanka, y compris celles qui se sont courageusement portées volontaires pour fournir des informations à l’équipe en charge de l’enquête, pourraient interpréter cette décision comme la première étape du classement sans suite ou de la dilution d’un rapport dont ils ont longtemps cru qu’il ne verrait jamais le jour », a déclaré le Haut-Commissaire, ajoutant qu’il comprenait parfaitement leurs craintes et leurs angoisses, compte tenu des défaillances ou obstructions qui ont marqué les enquêtes nationales sur la question des droits humains au Sri Lanka. »

« Qu’il n’y ait pas de malentendu », a affirmé M. Zeid. « Je m’engage personnellement, de manière absolue et inébranlable, à ce que le rapport soit publié en septembre. […] Je veux que ce rapport puisse avoir le maximum d’impact possible pour garantir un processus authentique et crédible de responsabilité et de réconciliation au sein duquel les droits des victimes à la vérité, à la justice et à des réparations puissent être enfin respectés ».

Prise de contact concernant notre candidature ECOSOC

ECOSOC

Tout d’abord, une information, notre candidature sera étudiée courant juillet.

En discutant avec des ONG étant déjà accrédités, nous avons appris plus en détails comment ce passe l’étude des dossiers par l’Economic and Social Council. Après dépôt du dossier, la candidature de chaque ONG est étudiée en profondeur sur le bien fondé de sa philosophie, de ses actions, de ses relations avec d’autres ONG et surtout si l’ONG est indépendante moralement et financièrement vis-à-vis d’Etats. La candidature est ensuite présentée devant des ONG appartenant déjà à l’ECOSOC afin qu’eux jugent à leurs tours. Elles peuvent utiliser leur droit de veto.

C’est pourquoi il est important que nous soyons soutenus par des ONG accréditées, celles-ci seront consultées et peuvent nous soutenir lors des validations de candidatures.

Ces renseignements nous ont été fournis par la créatrice d’une ONG ayant une bonne connaissance des mécanismes de l’ONU et qui nous à affirmer son soutien au moment cruciale.

Cette 28ème session a aussi été l’occasion pour les deux représentants du directoire de l’ONG CNRJ de prendre des renseignements concernant la situation de guerres civiles, de conflits armés, des violences faites aux femmes et enfants dans différents pays du monde.

Les prochains chantiers seront nombreux sur la question des droits de l’Homme. En RDC, RCA, beaucoup de victimes attendent l’envoi d’enquêtes, la création de Tribunaux Pénaux Internationaux et la prise en charge des victimes de ces conflits armés où le nombre de victime est loin d’être connu.

« Toutes les victimes de violations des droits de l’homme devraient être en mesure de se tourner vers le Conseil des droits de l’homme comme un forum et un tremplin pour l’action.
Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, 12 mars 2007, ouverture de la 4ème session du Conseil des droits de l’homme »

Je tiens à vous rappeler que notre pétition « Appel à l’ONU pour traduire les criminels vivants au Sri Lanka devant la CPI  » est toujours en ligne. Vous pouvez la signer ici.

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A propos de Audrey Gautier ✅ 4 Articles
Secrétaire générale internationale de l'ONG CNRJ - Responsable médias

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