International : Jeunesse et dette publique.

Argent - Photo : Nattanan Kanchanaprat (source : pixabay.com)
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On ne peut pas prétendre penser, un peu mieux chaque jour, sur les questions de jeunesse, sans se poser par exemple, la question de l’argent. La dette est un problème important car avoir des dettes cela angoisse, ne permet pas de penser totalement sereinement l’avenir et limite même parfois les actions dans le présent.

Ce constat fonctionne pour un individu, une entreprise, un état et/ou plus encore le Monde.

C’est pourquoi je vais vous parler de la dette et plus particulièrement de la dette publique … sortir de l’angoisse collective et envisager le réel mais aussi pourquoi pas … une piste, des solutions.

Il s’agit pour moi d’un essai et d’une proposition d’analyse sur le sujet.

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Le mécanisme de la dette publique est simple, très mal connu mais le comprendre permet de se rendre compte qu’il y a des voies d’espoir possibles et meilleures que de ne parler que d’austérité et/ou de plus de compétitivité qui n’ont rien à voir avec la construction de la dette ou sa possible déconstruction.
Ce qui construit la dette publique, c’est le fait que collectivement nous ayons choisi de développer notre économie par l’emprunt et plus encore par un emprunt uniquement auprès des sociétés financières privées et donc que nous devions toujours emprunter plus, tant pour nous développer que pour payer la dette.

Voilà ce que je vais essayer de partager avec vous…

1. Le concept de la bonbonnière

L’économie, c’est comme une boite à bonbons dont l’argent serait les bonbons. Et tout le monde le sait, il vaut mieux que la boite à bonbons soit pleine !
Mais elle ne doit pas être, ni trop pleine (on nomme cela l’inflation car ça déborde) ni trop vide (on nomme cela la récession.)

Avec l’inflation, c’est un peu le slogan « trop de bonbons tue le bonbon ». En effet, il y en a trop, cela déborde, On en perd, ils tombent par terre, ils n’ont plus le même goût … bref ils perdent de leurs valeurs !
Avec la récession, c’est le « pas assez de bonbons» : au pire, cela pose la question de l’existence de la bonbonnière qui est du coup en danger… En effet, à quoi sert une boite a bonbons qui a de moins en moins de bonbons ou carrément qui n’a pas de bonbons ?

Bref, personne ne veut de telles bonbonnières. On les préfère bien pleines c’est-à-dire ni trop débordantes ni trop vides !

En fait, une économie qui va bien c’est encore plus merveilleux qu’une simple bonbonnière toute simple, car cela serait comme si nous possédions une belle bonbonnière qui grossissait avec le temps. Intéressant, non ? Oui mais en réalité tous les enfants du monde le savent, si le nombre de bonbons qu’il y a dedans ne « grossit » pas lui aussi ce n’est pas trop intéressant. Il faut donc se procurer de nouveaux bonbons. Mais alors comment se fabrique les bonbons (l’argent) ?

2. La création des bonbons

Les marchands de bonbons qui peuvent en fabriquer portent des noms curieux et il en existe de deux sortes :

– La première sorte de marchand se nomment les « les banques publiques » (ou banques centrales). En plus de les créer, ils peuvent aussi détruire les bonbons de la bonbonnière. Cela se comprend et permet de jouer sur le remplissage de la bonbonnière. Ces bonbons créés par ces marchands se nomment : « la monnaie centrale »

– La seconde sorte de marchands se n o m m e « l e s b a n q u e s commerciales ». Mais la fabrication des bonbons y est un peu spéciale. « Petit explication sur la Fabrication spéciale des bonbons » : pour prêter de l’argent une banque n’a pas besoin de posséder la somme d’argent qu’elle prête elle le fait par une simple écriture comptable. On nomme cela la création monétaire par le crédit. Voilà c’est ainsi, par écriture, que l’on fabrique aussi du bonbon.

3. La fabrique à bonbons 

Actuellement il n’est plus possible pour les états d’aller se fournir en bonbons chez le marchand du nom de « banque centrale ». Les états ont d’ailleurs signés le traité de Lisbonne qui l’interdit dans son article 123.

L’article 123 du Traité de Lisbonne stipule que : « 1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales des instruments de leur dette est également interdite »

Avant cette période, il est vraie qu’il y a avait beaucoup d’abus de ce point de vue et donc que la bonbonnière débordait constamment. On nommait cela l’inflation. C’est pourquoi naquit cette interdiction mais aussi dans un climat idéologique particulier.

Donc actuellement pour faire remplir la bonbonnière (faire fonctionner l’économie) les Etats ne peuvent plus aller chercher leurs bonbons que chez « les banques commerciales ». Ainsi on évite que les états fassent déborder les bonbonnières.

4.Un fonctionnement et des règles

Cependant une règle existe dans la fabrique à bonbons.

Par exemple pour que « les banques commerciales » prêtent 6 bonbons il ne leur en faut que 1 en caisse. Pour rappel, elles ne font qu’écrire !

Mais en réalité, cette règle est très souple car comme elles sont autorisées à emprunter des bonbons aux banques centrales. Elles peuvent augmenter leurs possibilités de manière exponentielle. Le taux dont je vous parle se nomme en économie « le taux de réserve » et le principe de l’augmenter se nomme « les réserves fractionnaires ».

Ainsi finalement, dit en terme plus économique, « toute notre économie repose sur de l’argent empruntée ».

Ajouter à cela que les entreprises et les ménages empruntent aussi …, cela fait énormément de crédit ! Ainsi notre développement économique (l’augmentation de taille de notre bonbonnière) génère de plus en plus de besoins de bonbons. Ds bonbons que nous empruntons toujours et toujours plus au même marchand. Qui eux n’ont que très peu de vrais bonbons. Ils augmentent alors leurs capacités à le faire en allant en emprunter chez des marchands publics.

5.Un perpétuel cycle

Bref notre système construit toujours plus de dette publique et nécessitera toujours plus de dette publique. Aujourd’hui, c’est un fait, l’essentiel de la monnaie est scripturale, c’est-à-dire qu’elle provient du crédit.
Pourquoi sommes-nous toujours obligés d’emprunter plus ? Parce qu’en fait … les bonbons disparaissent de notre bonbonnière. Mais qui a bien pu nous faire ce coup, là ? Et bien nous-même !

En effet comme il s’agit d’une « écriture comptable » chaque fois que nous prenons un crédit de bonbons, et contrepartie mécanique, chaque fois que l’on rembourse un peu, des bonbons disparaissent. Bref la bonbonnière voit son nombre de bonbon disparaitre comme par magie !

Donc pour que le système économique fonctionne (pour que nous ayons une boite a bonbons bien pleine) les états doivent reprendre du crédit …, seule et unique manière légale de « fabriquer » de l’argent. Voilà d’où provient la dette publique !

Le problème est aussi que ce système est coûteux. Cela revient cher du bonbon fabriqué ainsi, et plus cela va, plus la fabrication coûte cher. Alors pour remplir une bonbonnière entière…le coût prend des allures pharaoniques !

6. La France et ses marchands de bonbons :

Maintenant que vous avez compris nos besoins en bonbons et comment cela se fabrique, revenons un peu à notre réalité en France.

En fait, la France ne fait plus appelle qu’aux marchés financiers privés pour ses crédits publics et paye des intérêts depuis 1973.

Donc nous n’avons pas attendus 2007 et le Traité de Lisbonne pour nous y mettre. Nota : La majorité des états occidentaux ont fait pareil. Je pose l’hypothèse que cela est dû au mécanisme que je décrivais le mois derniers sur les notions de « crise » et de « modernisation ».

Si l’on calcule la somme de ces intérêts payés depuis cette époque, celle-ci est égale à 1 400 Milliards d’euros actuels. Cette somme est particulièrement signifiante car elle correspond « quasiment » à la dette actuelle qui est justement de 1 350 Milliards d’euros. Ce qui fait grossir la dette c’est donc bien …tout simplement…les intérêts de la dette !
Nota : La dette privée est pire encore … Elle est de 7 000 milliards d’euros pour les entreprises ! Ce qui signifie que la dette globale (Ajoutez-y aussi les ménages) est pire encore !

En conclusion : Ce qui construit la dette ce n’est pas le manque d’austérité et/ou le manque de compétitivité etc., mais c’est le système que je vous ai décrit.

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Conclusion : « Quod vitae sectabor iter ? », « Dans quelle voie vais-je engager ma vie ? »

Voilà une question qui nous concerne tous individuellement. mais qui peut aussi qui se pose « là », à nous collectivement.

En effet, si nous ne changeons rien, le système continuera à caler régulièrement. Et un jour le moteur s’arrêtera alors que des solutions existent ! Les plans d’austérité, les mesures de disciplines financières n’y peuvent rien. Il faut arrêter de fabriquer de la dette de manière « imaginaire » !

Mais il faut mettre concrètement l’imaginaire au pouvoir … Par exemple en pensant que l’on peut utiliser les deux sources de marchand de bonbons. Et évidemment rompre avec le vieux modèle.

Pour faire une formule « L’époque n’est plus à la planche à billet ! Certes ! Mais elle n’est plus non plus à la planche à planche ! ».

Il va nous falloir une économie du 21ème siècle !

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A propos de Frédéric Fappani von Lothringen ✅ 13 Articles

Président international ONG CNRJ

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