Mali : Les jeunes et la sexualité précoce

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Un sujet sur toutes les lèvres

La sexualité est, aujourd’hui, au cœur de presque tout ce que nous faisons. Que ce soit dans le milieu familial, professionnel, scolaire ou universitaire. La télévision et les médias y participent. Tantôt on parlera de liberté d’expression, tantôt de l’évolution des mœurs, mais cette ascension de la médiatisation sexualité a un impact considérable sur les jeunes.

Mon constat est qu’elle détruit notre jeunesse d’aujourd’hui. Cette sexualité si précoce et de plus en plus intéressée mine de manière négative la mentalité de nos jeunes. Il s’agit d’une sexualité intéressée parce que nombreux sont les jeunes hommes et femmes qui livrent leur corps à d’autres personnes en échange d’argent. Cet état de fait fera l’objet d’un développement plus bas.

Une problématique de transmission

Plusieurs raisons expliquent un tel phénomène, mais celles que j’aimerais relever sont le manque de communication entre parents et enfants, ainsi que la pauvreté. Le premier dans la mesure où il a toujours été observé que la sexualité est un sujet tabou dans nos sociétés africaines. Il est difficile, voire quasiment rare, de voir des parents éduquer sexuellement leurs enfants, leur parler de la sexualité, de ce qu’elle représente, de ses contours, mais surtout de ses inconvénients lorsqu’elle est commencée tôt. Préalablement à ce manque de communication sur la sexualité, il y a bien souvent une absence de relation souple entre les parents et les enfants. Ce sont plutôt à des rapports hiérarchisés que l’on fait face. Une certaine « peur » habite les enfants vis-à-vis de leurs parents lorsqu’il s’agit de s’adresser à eux.

Sur ce point, je fais une précision en ce sens que ce type de rapports existe encore à l’heure actuelle dans nos contrées éloignées des villes et périphéries qui, elles, sont empreintes de modernité. Cette modernité qui, empruntée au modèle occidental, permet aux parents et aux enfants d’avoir des rapports beaucoup plus étroits. Par ce moyen, ils abordent plusieurs sujets dont l’éducation sexuelle.

Toutefois, en ce 21ème siècle, il faut noter que si dans nos milieux sociaux africains, les rapports entre parents ont quelque peu évolué, la communication au sujet de la sexualité demeure toujours difficile. Ce n’est pas une question de peur pour les parents, encore moins d’incapacité à pouvoir en parler, mais je dirai que pour eux, un enfant doit se former en premier lieu afin de préparer son avenir. C’est là toute leur inquiétude. Le sexe pourra attendre car il n’aide pas l’homme à s’accomplir, du moins sur le plan éducatif et professionnel.

Chose, qui de nos jours, ne sonne plus à l’oreille de nos jeunes (11 à 25 ans) qui, captivés aujourd’hui par l’éducation de la télévision (Novelas TV, Zee Magic  et de l’internet et tout ce qu’elle comporte sur l’influence de la jeunesse Malienne, estiment être à même de faire leurs propres choix et donc de s’éduquer sexuellement si cela n’est pas possible par le biais des parents.

Une pauvreté qui aggrave le phénomène

Quant au problème de la pauvreté, il est un mal chronique en Afrique et particulièrement dans notre pays le Mali. A cause de ce fléau, nombreuses sont les jeunes filles qui se livrent à la prostitution dans nos milieux scolaire fondamental et universitaire à des hommes plus âgés et fortunés qui pourront leur assurer une certaine aisance financière. Même son de cloche chez les jeunes garçons qui également entretiennent des relations avec des femmes plus âgées, communément appelées dans le jargon malien « gnanhi ». Elles leur procurent aussi cette aisance financière en échange de leur virilité fraîche.

Résultat, nombreuses sont les jeunes filles qui contractent des grossesses et qui, soit les gardent, soit avortent; certaines voient leur scolarité stoppée et bafouée. Les jeunes garçons quant à eux grandissent trop vite sexuellement. Les jeunes contractent ainsi beaucoup d’infections sexuellement transmissibles pouvant avoir des impacts dangereux sur leur avenir, tels le VIH/SIDA.

Des actions existantes et à construire

Des actions ont été entreprises par le ministère de la santé publique et de l’hygiène  afin de sensibiliser et de lutter contre les grossesses précoces en milieu scolaire, les maladies sexuellement transmissibles et la sexualité précoce. Ce qui est encourageant.

Mais, il faut, pour ma part, que les parents agissent encore plus. Cela passe par un rapprochement de leurs enfants, pas seulement pour mieux les éduquer sexuellement, mais surtout bien les éduquer.

Le monde dans lequel nous vivons prône tellement la liberté, mais à bien y regarder, c’est un libertinage qui est vulgarisé. Et les parents doivent veiller à ce que leurs enfants sachent faire la part des choses.

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A la suite à ces constats, le CNRJ-Mali, aura à cœur dans ces projets auprès de la jeunesse, de mettre en place des actions de sensibilisation sur l’éducation à la sexualité.

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