Mali: Présidentielle 2018, quels enjeux pour la Jeunesse ?

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Présidentielle 2018: Dans quelques mois, le monde politique malien sera mouvementé, pour cause, comme 2013, les Maliens devront élire un (autre) Président.  Quid du sort réservé à la jeunesse ?

« En 2013, on nous a bien eu. Cette fois ci, personne ne va voter IBK.’’ / 2013 fut pour moi un regret, je n’irai voter pour personne cette année, je préfère rester à la maison le jour du vote. Ils ont fait de notre pays ce qu’ils veulent. Moi, plus rien ne me concerne dans ce Mali.’’ Voici ce que nous avons pu recueillir auprès de deux jeunes à Bamako, capitale du Mali.

2013-2018, voici déjà cinq ans que le peuple malien choisissait M. Ibrahim Boubacar KEITA pour diriger le pays. Cette élection fut historique tant par le nombre de voix (plus de 77 %) accordée au candidat du RPM que par la classe sociale qui s’est mobilisée. De coutume, dans ce pays à majorité analphabète, les élections ont toujours été considérées comme l’affaire des jeunes. Mais en 2013, la donne a changé : tous les Maliens en âge de voter se sont rendus dans les urnes pour voter y compris des personnes âgées avoisinant la centaine (chose rare dans ce pays) et même des handicapés de tous genres, tellement que l’engouement était inédit. Cette forte mobilisation s’explique par le fait qu’il fallait à tous prix envoyer à Koulouba (Palais présidentiel) le don quichotte qui refermerait la boite de pandore qui a été ouverte par ses prédécesseurs, notamment le Général ATT.

Malgré l’engament de toutes les couches sociales, il faut reconnaitre que ce sont les jeunes qui viennent en première ligne lors des élections. De la mobilisation des plus réticents en passant par les meetings sans oublier la distribution des gadgets publicitaires, il faut avouer que la jeunesse joue un rôleprépondérant dans la tenue des élections au Mali. Dans un pays comme le Mali, qui se cherche une place sous le soleil, les premiers à voter sont les jeunes ; ils sont également les premiers à subir les effets de la gouvernance car étant en quête d’éducation, d’emploi, d’avenir certain et non de certain avenir. Quand le pays va mal, les premiers à en pâtir sont les jeunes : les parents vivent le présenten non pas forcément besoin d’avenir tandis que la vie des jeunes est fondée sur lendemain, aujourd’hui n’est qu’un passage pour eux. Nul ne peut contester le fait que demain se prépare aujourd’hui et nous savons tous qu’aujourd’hui est entre les mains de nos dirigeants, raison pour laquelle le choix de ces dirigeants ne doit pas se faire sans les jeunes.

De nos jours et cela depuis quelques semaines, il n’est pas rare d’entendre ce slogan : ‘’ Boua kabla.’’ . Lequel slogan incite le président IBK à renoncer à la présidentielle de cette année. Ce ‘’ Boua ka bla’’à la fois slogan et mouvement de contestation a été initié par un collectif de jeunes à la tête duquel on a Ras Bath. Ce dernier, chroniqueur, activiste, animateur radio, juriste et non moins fils d’ancien ministre est très craint par les politiciens immoraux et insouciants de ce pays. A longueur de journée, ce jeune chroniqueur dénonce les malversations financières, la corruption de la justice, l’inconscience de certains fonctionnaires…….. . En substance, ce détracteurdénonce la mauvaise gouvernance et cela à travers les ondes (radios et télés) mais aussi par des vidéos postées sur le net car ayant été, à un moment privé d’expression par les autorités qui trouvent ce jeune trop dangereux pour leur farce.

A cet effet, il incite la jeunesse à se mettre à la vie politique, estimant qu’il est grand temps que les vieux aillent se reposer car toujours selon lui, nul ne peut connaitre les soucis de la jeunesse mieux que les jeunes eux-mêmes. Pour atteindre sa mission, il n’hésite pas à se déplacer dans les coins les plus reculés du pays et même en Europe et en Amérique afin de faire savoir aux jeunes que se mettre en dehors de la politique serait un acte apatride et ferait d’eux des renégats.

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