France : La question des peuples autochtones de France

Autochtone - Photo : jackmac34 (source : pixabay.com)
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Le contexte global en France

Les peuples, les langues et les cultures régionales sont souvent méprisés et même rabaissés à une simple expression folklorique voire à l’inexistant réellement, tant dans le discours médiatique que politique en France.

Ce phénomène est criant en France pour ceux qui s’intéressent aux droits des peuples minoritaires et aux droits humains. L’idéologie jacobine a essayé d’imposer depuis longtemps le mythe d’un peuple français homogène et une langue unique, « le Français », sur le territoire que la République veut gérer. Une sorte de trouille en somme que cohabitent et existent des peuples, des cultures et des langues ancestrales sur un territoire en même temps que le Français. La volonté de maintenir un ordre intérieur et à maintenir l’ennemi à l’extérieur à conduit à de nombreuses exactions.

Il n’y a plus besoin de grande campagne de dénigrement, l’idéologie jacobine est maîtresse en France et c’est à longueur de temps qu’elle s’exprime. J’ai même croisé des gens des médias ayant peur, réellement peur, d’aborder les dossiers liés à ces questions.

L’émergence récente de la possibilité de revendiquer ses droits, sans passer par la lutte armée ou la soumission totale, est en train de changer la donne. De plus en plus, il va y avoir la possibilité de faire condamner les abus dus à cette idéologie.

Le déni « à la française » et cette idéologie qui se prend pour une réalité, va être de plus en plus complexe à tenir.

En effet, l’Alsace, Lorraine, Bretagne, Savoie, Corse, Pays Basque etc. ont des droits et les revendiqueront dans le contexte des droits européens et/ou des droits humains à l’international.

Cela passera donc par :

  • Quelques condamnations de l’Etat, de fonctionnaires ou même de particuliers lorsque le mépris et les actes seront des transgressions des droits humains. Et ils sont nombreux actuellement…
  • Mais aussi par un travail de reconstructions locales des peuples, cultures et langues et de déconstruction du mépris de soi parfois enseigné.

Évidemment la mécanique et l’idéologie vont s’essayer à résister mais les temps ont changé, et le racisme et les discriminations, même tourné contre « ses » peuples autochtones commencent à mal passer et plus encore dans les instances internationales, où cela commence à se savoir et se comprendre.

Le centralisme homogénéifiant de l’idéologie jacobine mortifère se meurt actuellement.

La crise identitaire collective et individuelle sur ce territoire géré avec cette idéologie, est d’ailleurs révélateur de ce moment de crise et de petite mort que connait cette idéologie.

La question Corse

Il y a en Corse un projet actuellement qui s‘élabore. Celui d’une Corse plus autonome, plus enracinée auprès de ses partenaires méditerranéens mais aussi plus en lien avec l’Europe.

L’échelon France pour ainsi dire va être de moins en moins sollicité. Ce processus à l’œuvre et très peu conscientisé par les élites françaises et son administration n’est même pas perçu par le monde médiatique de France hexagonale.

La situation d’insularité, les liens plus fort avec la méditerranée avoisinante et l’Europe, le statut de minorité européenne mais aussi de peuple autochtone au sens onusien du terme, ne faciliteront pas la vie à la France si elle persiste dans cette manière de gérer la question Corse.

Que la Corse devienne autonome ou même indépendante un jour n’est pas ma question ici, car elle appartient au peuple Corse et c’est à lui de se prononcer.

Par contre dans ce contexte, il y a nécessité que les femmes et les hommes soucieux des droits humains se mobilisent. Pourquoi ? Parce que l' »Humaine nature », ça nous regarde tous !

Le réveil français sur la question corse va être d’autant plus pénible pour la France que d’une part il est déjà trop tard et que d’autre part la violence d’Etat est forte et dans la dénégation d’y être. La question des prisonniers politiques en France issus du peuple Corse est ici symptomatique de cette incapacité pour la France de prendre sa juste place.

Le lundi 4 juillet 2016 avait marqué la première visite de Manuel Valls en tant que Premier ministre en Corse. Il avait alors déclaré qu’il n’existait pas de prisonniers politiques en France et donc encore moins de prisonniers politiques Corse.

Nous avions, au sein de notre ONG internationale, alors élaboré un dossier à partir des cas des prisonniers corses et donc reproduit la liste des prisonniers politiques en France issus du peuple Corse, qui n’existait pas d’après le gouvernement.  Cette construction s’est basée sur un travail de recherche, de mise en liste faites par des associations de Corse.

Cependant la compilation des informations a permis à l’ONG CNRJ de mettre en lumière un processus à l’œuvre, douteux du point de vue des droits Humains.

Pour chaque cas de prisonniers corses « se revendiquant dans la lutte politique » les peines sont le plus souvent maximisés, par rapport à la peine moyenne prononcée en France sur les mêmes faits pour d’autres.

Il y a bien donc là un premier processus à l’œuvre qui statistiquement démontre une intention collective de l’organe judiciaire à sur-punir les Corses quand ils sont militants.

Il ne nous est pas possible de savoir si une procédure souterraine existe cela serait peut-être aller trop loin, mais en tout cas puisqu’il y a des effets concrets, il y a des comportements réels des agents de l’Etat.

Il y a de fait, des comportements différents de la Justice que vous soyez un « judiciable Corse en lutte politique ou pas » et évidement en votre défaveur si vous militez politiquement.

Nous avons aussi pu voir un phénomène aggravant de manquement aux droits humains et aux droits européens dans de très nombreux cas – cités dans notre dossier d’ailleurs.

La question de notre implication

Même si je suis plus « connu » (au moins confidentiellement) pour mes positions sur les questions jeunesse, le statut de consultant auprès de l’ONU accorde à notre ONG de travailler aussi sur la question des peuples autochtones.

C’est pourquoi en ce qui concerne la France nous travaillerons sur cette question et nous resterons ouvert à des rencontres.

D’une part, comme l’a déjà révélé, Lutina Campana, dans la revue le Speculum Universalis nous irons en Corse :

« Pour l’année 2017, nous envisageons au moins trois initiatives qui vont nous obliger à déployer des moyens matériels et humains en direction de la Corse. Une consultation sous la forme de rencontres en Corse, sur 3 jours, afin de préparer nos interventions internationales.
Des rencontres avec des militants Corse d’Amnistia afin de leur indiquer ce que nous souhaitons faire (auront lieux).
Il s’agit pour nous aussi de trouver et d’impliquer des Corses dans notre organisation et de leurs permettre grâce à notre statut consultatif d’accéder à certaines instances internationales dont l’ONU. »

Nous serons donc en Corse du 5 au 8 octobre 2017.

D’autre part nous avons aussi répondu favorablement à une rencontre avec une association de Lorraine pour de premières rencontres. Nous serons donc en Lorraine du 29 Septembre au 1 octobre 2017 pour une communication.

Références

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A propos de Lutina Campana 19 Articles
Rédactrice au sein de la présidence internationale de l' ONG CNRJ

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