Togo: Le Vivre Ensemble au coeur des préoccupations

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« Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : Source de paix et de prospérité pour l’espace francophone »

A la lecture de ce terme, je me suis amusé de rentrer dans le menu de mon téléphone portable. Un petit clic sur l’application du dictionnaire français, défini le vivre ensemble comme une « Cohabitation harmonieuse sur un même territoire de peuples et d’ethnies différentes. »

Donc ceci étant, la notion du vivre ensemble s’enracine véritablement dans l’acceptation de la différence de l’autre et le respect de la diversité culturelle de chaque peuple, dans l’intention d’une intégration pacifique dans la société que l’on s’est donnée de bâtir de commun accord.

Nous avons tous à l’esprit la manière dont la position égocentrique a laissé des failles béantes dans toute l’histoire de l’humanité au point où aujourd’hui une quelconque velléité de domination d’un peuple vis-à-vis de l’autre doit être combattue sur toutes ses formes.

Thomas Hobbes est un des premiers à imaginer chez l’homme un état de nature, préexistant à la société humaine. L’état de nature est un état où l’homme exerce toute sa liberté sans mesure coercitive. C’est un état du talion et de la « guerre de tous contre tous ». C’est ailleurs la crainte permanente et la peur de la disparition de l’espèce humaine, qui, selon Hobbes, contraint l’homme à devenir sociable, non pas par nature, mais par accident.

Dès lors, une entité souveraine qui est à la fois maitre et juge, fonde l’état civil, apportant à l’homme : liberté, et sécurité dans les mesures définies par la loi. Car sans cette entité dotée de pouvoir de coercition, l’homme est à la fois « un dieu et un loup pour l’homme »

A la lumière de la philosophie de Hobbes, le vivre ensemble est un élément sine qua non pour la survie de l’espèce humaine. Sans que l’homme n’ait intégré dans son esprit l’idée de la cohabitation pacifique avec ses semblables, il ferait disparaitre lui-même son propre héritage et toute sa civilisation au profit des guerres intestines qui ne sont que l’expression de son instinct animal.

De nos jours, le cerveau de l’homme a extraordinairement évolué et nous vivons dans des sociétés démocratiques, régies par des lois et des organes de dissuasion en cas de conflits. Donc la matérialisation du « vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité » partout dans le monde en occurrence dans l’espace francophone, devient de plus en plus une réalité mais elle a encore de long chemin à parcourir pour faire régner la paix et la prospérité économique dans ce vaste espace qui partage déjà la langue française en commun.

Dans mon pays le Togo, nous vivons en harmonie avec plus de 40 groupes ethniques qui se partagent le même espace géographique depuis des siècles. Fondamentalement, tous ces groupes ethniques ont toujours cohabité ensemble de façon pacifique sans chercher à s’entretuer sur un territoire de 56.600 Km2.

Le nord fait des échanges fructueux avec le sud en matière des récoltes agricoles. Le brassage culturel né des différents contacts commerciaux, crée des interactions harmonieuses sans conflits d’intérêt majeur. Le vivre ensemble est alors profondément ancré dans la conscience collective de ce peuple qui, par son histoire, est formé des différents groupes ethniques venus de divers horizons, dont les héritages culturels sont issus de l’une des plus grandes civilisations d’Afrique qu’est l’empire du Ghana.

Ma grande mère, une commerçante de maïs, très passionnée, faisait son périple entre Lomé, la capital et Tsévié, Atakpamé, Sokodé, Kara, Mango, qui sont les chefs-lieux des 5 régions administratives.

La première fois que j’ai découvert Kanté en 2011, durant la mise en œuvre d’un projet associatif de camp chantier, organisé conjointement avec des volontaires français, j’ai pu admirer chez les Tamberma, des magnifiques techniques architecturales sur le site Koutamakou, classé patrimoine mondiale de l’UNESCO. Cette expérience de cohabitation harmonieuse qui a duré pendant 2 semaines, a été l’occasion de conjuguer le vivre ensemble dans la solidarité et le partage des valeurs humanistes par le biais de l’Association de Jeunesse Active du Togo, qui a fait déplacer de nombreux volontaires français pour s’imprégner de la réalité africaine dans le cadre d’un projet de développement.

Si le vivre ensemble est souvent source de paix et de prospérité entre les peuples, néanmoins il est aussi profondément secoué en temps de crise où il y a de l’instabilité sur le plan politique en Afrique.

En définitive, pour que le vivre ensemble sois maintenu de façon durable dans l’espace francophone, des groupes sociaux et des entités politiques doivent privilégier entre eux la voie royale de dialogue et de la concerter en vue de régler les conflits, sources l’embrasement des tissus sociaux.

Car sans le vivre ensemble le développement et la prospérité des nations peine à se réaliser.

C’est dans ce contexte que la francophonie doit continuer de jouer elle aussi son leadership dans le règlement des conflits et contentieux en Afrique francophone, en apportant son accompagnement et médiation de façon impartiale.

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A propos de Koffi Adatévi Touglo 4 Articles
Koffi Adatevi TOUGLO est le Président de l'Association Jeunesse Active du Togo. Cette association a pour but principal d'assurer un meilleur avenir aux enfants: L'association est partenaire de l'ONG CNRJ au Togo Il est également Coordinateur des projets de l'ACLJ Canada au Togo et de la caravane des dix mots 2018-2019 au Togo. C'est un jeune très engagé dans l'éducation routière au Togo.

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